Une mémoire appelée Empire

Critique : Un souvenir appelé Empire


Amazone

A MEMORY CALLED EMPIRE (Amazon) regorge d’intrigues politiques, de tromperies, de chocs culturels et de poésie, tout cela pour dire : j’ai adoré. Pour les fans d’Ann Leckie, le premier roman d’Arkady Martine a un monde riche et un narrateur sympathique qui vous emmènera dans l’empire de Teixcalaan qui s’étend sur toute la galaxie.

Mahit Dzmare est le nouvel ambassadeur de la station de Lsel, une petite pointe d’humanité essayant de résister à l’engouffrement par les mâchoires toujours plus larges de l’Empire de Teixcalaan. Jeune et inexpérimentée, Mahit est envoyée au centre de l’empire lorsque son prédécesseur, Yksander, meurt subitement. Bien que Mahit voyage seule, elle n’est pas seule. L’imago d’Yksander, une mémoire vivante, est ancrée dans son esprit. Il a près d’une décennie, car son prédécesseur revenait rarement à la Station, mais Mahit aura besoin même de la connaissance incomplète de l’imago pour la guider à travers Teixcalaan.

L’avantage caché de Mahit disparaît lorsque l’imago est brisée. Ne sachant pas s’il a été victime d’un sabotage ou d’un accident, Mahit (avec l’aide de sa liaison avec Three Seagrass) se démène pour comprendre qui aurait pu vouloir la mort d’Yksander et quel genre de gâchis politique il lui a laissé nettoyer.

Avant longtemps, il se rend compte que le problème auquel il est confronté est plus grand qu’il ne l’imaginait alors qu’il navigue dans un algorithme dangereux sous la forme de la ville, une crise de succession et une incarcération déguisée en protection. Dans une culture obsédée par la narration, le combat de Mahit pour la station Lsel teste son esprit et son instinct, ainsi que sa capacité à écrire de la poésie à la volée (c’est une bonne chose).

Lire aussi :  Bilan : sortie étrange

A MEMORY CALLED EMPIRE est raconté presque entièrement du point de vue de Mahit, et une partie du plaisir du roman est de découvrir la ville avec elle. Martine fait un excellent travail pour faire ressortir les tensions fondamentales de l’intégration dans une nouvelle culture et c’est une expérience qui, je pense, résonnera chez de nombreux lecteurs.

Alors que Martine explore certainement la nourriture, la religion et l’art dans le cadre de sa construction du monde, elle s’intéresse également à la façon dont différentes cultures répondent à des questions fondamentales sur soi-même. Les Teixcalaanli sont surpris par tout type d’amélioration ou de modification neurologique. La survie de la station Lsel dépend de ses lignes d’imago. Établir ce contraste (entre autres) et explorer les résultats rend le monde de Martine riche, structuré et bien réel.

Martine est aussi attentive à son langage qu’à sa construction minutieuse du monde. A MEMORY CALLED EMPIRE est beau à lire et restera avec vous.

Mahit est un narrateur intéressant et sympathique. Bien que très compétents dans la culture Teixcalaanli, une vie d’études ne peut compenser une expérience réelle. Elle ne peut pas se débarrasser du sentiment d’être une barbare : trop grande, trop démonstrative, trop… autre. Ce sentiment rend Mahit douloureusement consciente que même ses triomphes ne la rendront jamais pleinement Teixcalaanli. C’est un voyage émotionnel compliqué et enrichissant.

A MEMORY CALLED EMPIRE se concentre également sur le manque de caractère. L’absence d’Yksander est au cœur de l’intrigue. Yksander se caractérise par les impressions qu’il a laissées, les réactions d’autres courtisans et bureaucrates à Mahit et à sa présence, les étranges réactions émotionnelles que Mahit éprouve envers certaines personnes, une réponse endocrinienne laissée par son imago ratée. Yksander devient familier même si Mahit ne sait pas s’il pourra à nouveau partager ses souvenirs, un arc qui rend sa perte de plus en plus significative pour le lecteur au fur et à mesure que l’histoire progresse.

Lire aussi :  Critique : Pommes d'Ivoire

Martine est aussi attentive à son langage qu’à la construction de son univers. A MEMORY CALLED EMPIRE est beau à lire avec une intrigue passionnante. C’est un roman qui restera avec vous longtemps après que vous ayez fermé ses couvertures.

  • Âge recommandé : 12+
  • Langage: serment minimal
  • La violence: Oui, mais surtout menacé. Une petite fusillade.
  • Sexe: Mentionné, rappelé, détail minimum.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *